dimanche 13 mai 2007

Offrir


Offrir,
C'est un geste,
C'est une attitude,
C'est une ouverture à l'autre.

Offrir,
C'est quitter son horizon individuel
Pour s'ouvrir à un ami
En un geste qui lui fera plaisir.

Offrir,
C'est dire son amitié,
Signer son affection
Et tisser des liens de tendresse.

Offrir,
C'est s'effacer soi-même
Pour mettre en valeur
La personne que l'on fête.

Offrir,
C'est parsemer de tendresse
Le chemin de notre existence
A la rencontre des autres.

Texte extrait de Mille Textes

J’ai rêvé d’un arbre…


J’ai rêvé d’un arbre,
Planté sur la terre des hommes
Et dont les racines
S’enfonçaient au plus profond de notre humanité.
J’ai rêvé d’un arbre,
Planté sur la terre des hommes
Et dont les branches s’entremêlaient
Entre doute et espérance,
Entre abandon et courage
Entre lâcheté et foi.
J’ai rêvé d’un arbre,
Planté sur la terre des hommes
Et dont les frondaisons
S’épanouissaient au soleil de Dieu,
Secouées de vent et de pluie et dont le feuillage
Refleurissait à chaque printemps de notre foi.
J’ai rêvé d’un arbre et j’ai planté une graine.
Extrait de Mille Textes

Le plus fort c'est mon père - Lemay


Comment t'as fait maman,
Pour savoir que papa
Beau temps et mauvais temps
Il ne partirait pas
Est-ce que t'en étais sûre
Ou si tu savais pas
Est-ce que les déchirures ça se prévoit.

Comment t'as fait maman
Pour trouver le bon gars
Tu l'as connu comment,
Tu l'as aimé pourquoi
Est-ce qu'il y en avait juste un
Dans tout le présent siècle
Et y s'trouve que c'est toi qui dort avec

Comment t'as pu trouver,
Un homme qui n'a pas peur
Qui promet sans trembler
Qui aime de tout son cœur
J'le disais y a longtemps
Mais pas d'la même manière
T'as d'la chance maman
Le plus fort c'est mon père

Comment ça s'fait maman
Que dans ma vie à moi
Avec autant d'amants
Avec autant de choix
Je n'ai pas encore trouvé
Un homme comme lui,
Capable d'être ami, père et mari
Comment t'as fait maman
Pour lui ouvrir ton cœur
Sans qu'il parte en courant
Avec c'que t'as de meilleur
Est-ce qu'il y a des mots magiques
Que t'as dits sans t'rendre compte
Explique-moi donc c'qu'y faudrait que j'raconte.

Quand j'ai l'air d'les aimer
Les hommes changent de regard
Si j'ose m'attacher
Y s'mettent à m'en vouloir
Si je parle d'avenir
Y sont déjà loin derrière
J'avais raison d'le dire,
Le plus fort c'est mon père.

Vas-tu m'dire maman
Comment t'as pu savoir
Dès le commencement,
Qu'c'était pas un trouillard
Qu'il allait pas s'enfuir
Et qu'il allait tout faire
Pour que je puisse dire
Le plus fort c'est mon père

Quel effet ça t'as fait
Quand tu l'as rencontré
Est-ce que ça paraissait
Qu'il allait tant t'aimer
Les hommes bien souvent
Paraissent extraordinaires
Mais dis-toi bien maman
Qu'le plus fort...c'est mon père.

Hymne à la vie


La vie est une chance, saisis-là !
La vie est beauté, admire-la !
La vie est béatitude, savoure-la !
La vie est un rêve, fais-en un réalité !
La vie est un défi, fais-lui face !
La vie est un devoir, accomplis-le !
La vie est précieuse, prends-en soin !
La vie est une richesse, conserve-la !
La vie est amour, jouis-en !
La vie est un mystère, perce-le !
La vie est promesse, remplis-la !
La vie est tristesse, surmonte-la !
La vie est un hymne, chante-le !
La vie est un combat, accepte-le !
La vie est une tragédie, prends-la à bras-le-corps !
La vie est une aventure, ose-la !
La vie est bonheur, mérite-le !
La vie est la vie, défends-la !
Mère thérèsa

Une chanson - Gianadda


Une chanson,
Pour un peu de rêve à l’unisson,
Une chanson,
Pour t’ouvrir mon cœur, et sans façon…

Une chanson,
Un petit poème sans illusions,
Une chanson,
Pour te dire « je t’aime » à ma façon…
Je voulais cette chanson…

Je suis venu solitaire,
D’un beau matin d’aube claire,
Le sourire triste et le cœur las,
Mais je veux croire en ce monde,
Je veux me battre en ce monde,
Pour qu’un jour je sois digne de toi, digne de toi…

Au bout des saintes colères,
Il nous reste tant et tant et tant à faire,
Vois, vois tous ceux qui nous tendent les bras,
Pour l’amour et pas la haine,
La colombe et pas les chaînes,
Pour qu’un monde ne s’égare pas, ne s’égare pas…

Une chanson,
Pour un peu d’espoir dans ta maison,
Une chanson,
Pour un peu de bleu sur l’horizon…

Rien qu’une chanson,
Pour sauver ce monde, rêver, rêver c’est bon…
Une chanson,
Pour te dire « je t’aime » à ma façon…
Je voulais cette chanson…


Dans nos obscurités...


Une promenade dans la nuit,
Me sort des tracas de la journée qui s’achève,
Et le silence m’emmène,
Dans l’univers attirant et effrayant de l’obscurité.

Absorbé dans le noir,
Je suis les bruits envoûtant de la forêt qui s’endort,
De la vie qui s’en va se reposer,
Pour renaître au jour levant.

Ma bouche se ferme,
Mes mots se taisent,
Le monde qui m’entoure disparaît
Dans les nuées de cette douce nuitée,
Le silence règne.

Je me sens seul,
Au milieu de cette ivresse nocturne
Que je ne connais pas,
Et que je n’arrive pas à maîtriser.

Mes oreilles perçoivent l’indicible
Mes pas sur les branchages,
Et mon souffle apaisé
S’habituent.

Une promenade dans la vie,
Dans le silence,
Auprès de Toi,
Au sein de la nature que Tu as créée,
Et qu’en plein jour je ne prends pas le temps de regarder…

Mes mots se taisent,
Pour Te laisser parler en mon cœur,
Pour Te laisser voyager à mes côtés,
Pour me faire savourer cet instant peu ordinaire,
Qui me confirme, que chaque instant, Tu es auprès de moi.

Seigneur, dans le silence de mon cœur,
Je Te confie ma journée,
Et je Te rends grâce,
Pour cette agréable promenade
Que Tu m’offres.

Apprends moi à me taire,
Pour réussir à écouter
L’invitation à suivre Tes pas,
Dans l’intériorité de la prière,
Bien d’autres nuits encore.


Chanson d'automne - Verlaine


Les sanglots longs

Des violons

De l'automne

Blessent mon coeur

D'une langueur

Monotone.

Tout suffocant

Et blême, quand

Sonne l'heure,

Je me souviens

Des jours anciens

Et je pleure

Et je m'en vais

Au vent mauvais

Qui m'emporte

Deçà, delà,

Pareil à la

Feuille morte.


Erlkönig - Goethe/Schubert


Quel est ce cavalier qui file si tard dans la nuit et le vent ?
C'est le père avec son enfant ;
Il serre le jeune garçon dans son bras,
Il le serre bien, il lui tient chaud.

Mon fils, pourquoi caches-tu avec tant d'effroi ton visage ?
Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?
Le Roi des Aulnes avec sa traîne et sa couronne ?
Mon fils, c'est un banc de brouillard.

"Cher enfant, viens donc avec moi !
Je jouerai à de très beaux jeux avec toi,
Il y a de nombreuses fleurs de toutes les couleurs sur le rivage,
Et ma mère possède de nombreux habits d'or.

"Mon père, mon père, et n'entends-tu pas,
Ce que le Roi des Aulnes me promet à voix basse ?
Sois calme, reste calme, mon enfant !
C'est le vent qui murmure dans les feuilles mortes.

"Veux-tu, gentil garçon, venir avec moi ?
Mes filles s'occuperont bien de toi
Mes filles mèneront la ronde toute la nuit,
Elles te berceront de leurs chants et de leurs danses.
"Mon père, mon père, ne vois-tu pas là-bas
Les filles du Roi des Aulnes dans ce lieu sombre ?
Mon fils, mon fils, je vois bien :
Ce sont les vieux saules qui paraissent si gris.

"Je t'aime, ton joli visage me charme,
Et si tu ne veux pas, j'utiliserai la force.
" Mon père, mon père, maintenant il m'empoigne !
Le Roi des Aulnes m'a fait mal !

Le père frissonne d'horreur, il galope à vive allure,
Il tient dans ses bras l'enfant gémissant,
Il arrive à grand peine à son port ;
Dans ses bras l'enfant était mort.


Che Puro Ciel - Monteverdi

Orphée a épousé la nymphe Eurydice, Un jour, elle se promène sur les bords d'une rivière de Thrace et rencontre Aristée, le berger que les Muses ont mis à garder leurs troupeaux. Aristée trouve Eurydice très belle et en tombe immédiatement amoureux. Il la poursuit de ses assiduités à un tel point qu'elle doit fuir à travers la campagne. Dans son empressement, elle marche sur un serpent qui, en se redressant, la pique au mollet. Eurydice en meurt.

Orphée est inconsolable. Il décide d'aller chercher sa femme aux Enfers et chante en s'accompagnant de sa lyre. «À son chant, du tréfonds, de l'Érèbe, les fantômes des morts, les ombres transparentes montent aussi serrés qu'oiseaux parmi les feuilles» (Virgile, Les Géorgiques, IV, 471-473). Par le jeu de sa lyre, il charme les démons. Perséphone elle-même est touchée et prend en pitié un homme qui manifeste avec tant d'art l'amour qu'il porte à son épouse. Elle lui promet le retour d'Eurydice à la lumière, mais y met ses conditions: qu'Orphée marche devant la captive délivrée et qu'à aucun moment il ne lui parle ni ne se retourne pour la regarder.

Orphée accepte et prend le chemin du retour. Suivi d'Eurydice, il est tout joyeux de l'avoir retrouvée et de la ramener à la vie. Mais le voyage est long et bientôt des doutes germent dans son esprit. Perséphone ne l'a-t-elle pas trompé ? Sa bien-aimée est-elle bien derrière lui ? Il se souvient aussi des conditions imposées par la reine des Enfers et fait effort pour ne pas se retourner. Mais son incrédulité grandit peu à peu.

Tout à coup, n'y tgenant plus, il tourne la tête et il voit Eurydice disparaître et mourir à nouveau. Alors il revient sur ses pas, se précipite, veut pénétrer une nouvelle fois dans les Enfers. Charon se met en travers de la route, il garde la porte et est intraitable. La délivrance ne se renouvellera pas et Orphée doit retourner chez les humains seul avec toute sa douleur.

Orphée n'a pas su garder la distance, il s'est laissé aller à son attirance pour Eurydice sans égard pour le reste du monde, et c'est ainsi qu'il a perdu l'amour auquel il tenait tant.


mardi 8 mai 2007

J'te l'dis quand même


Avant de devenir Américains ou Russes,
Avant que la liberté ne soit taxée produit de luxe,
Avant que nos caresses ne soient radioguidées,
Avant que j’ai un permis pour pouvoir t’embrasser,
Je veux t’aimer.


Avant que le soleil ne soit plus qu’une étoile,
Avant qu’il n’y ait plus de vent pour faire claquer les voiles,
Avant qu’il n’y ait plus le jour pour effacer la nuit,
Avant qu’il y ait trop de bruit, qu’on n’entende plus la vie,
Je veux t’aimer.

Avant que la bêtise ne nous rende tous pareils,
Avant qu’on ne fasse plus les enfants qu’en bouteilles,
Avant que mon sang s’évapore au fond de mes artères,
Avant que la terre s’évanouisse dans l’éclair nucléaire,
Je veux t’aimer.

Pour qu’il n’y ait plus de frontières,
Qu’il n’y ait plus de guerres,
Qu’il n’y ait plus de religion,
Que les hommes vivent en frères…
Pour que tu puisse me dire que je suis une rêveur,
Et que je te réponde, viens rêver sur mon cœur,
Je veux t’aimer…

Extrait de Mille Textes

L'étrange musique


L’Etrange Musique

Quand il prenait sa guitare,
Insouciant,
Quand ses yeux s’envolaient de son visage,
Insaisissables,
Quand ses doigts pinçaient doucement
Les cordes mélancoliques,
S’installait alors un silence suprême.

Une musique arrivait,
Venue on ne sait d’où,
Jaillie de loin,
Comme un torrent descendu
Des vallées du printemps,
Comme un vent chaud
Au cœur d’une nuit d’été,
Comme une senteur de forêt
A l’automne finissant,
Comme une légèreté
De première neige d’hiver.

Elle s’installait,
Se distillait,
S’infiltrait
Dans les moindres recoins de la maison.
Elle faisait vibrer nos cœur.

Elle faisait naître des sentiments mystérieux,
Incompréhensibles,
Mélange de tristesse et de bonheur,
D’inquiétude et de paix,
De désespoir et de confiance.

A son écoute,
La vie devenait plus forte,
Les grands redevenaient des enfants…
On devenait attentifs aux autres, à soi-même…

Le monde s’arrêtait,
Plongé dans un profond silence,
Dans une longue méditation.

Jean Humenry